Pour un néomarketing. Le publicitaire Guillaume Buffet répond au Museau

Après mon billet intitulé “Pourquoi les chefs de produit ne comprennent-ils rien à Internet ?“, je me suis dit que ça pourrait intéresser Guillaume Buffet avec lequel j’avais fait une petite partie de ping-pong via blog interposé l’année dernière sur le thème du néomarketing.
Guillaume est un publicitaire (et photographe, dixit son blog), Directeur Général de Singapour (”Agence de publicité relationnelle”), ci-devant Président de l’Internet Advertising Bureau France (2001 /2005), administrateur du Club Sénat (et on s’arrête là pour les titres ronflants). Bref, un vrai pubard.  Suite à mon billet, donc, je lui envoie un petit email pour savoir ce qu’il en pense. Sa réponse est ci-dessous. C’est du spontané, envoyé à 6h50 du mat. L’avenir appartient à ceux qui… ont compris le web.
Je le publie sous forme de billet, avec son accord et en le remerciant chaleureusement d’accepter de jouer la guest star dans le Museau numérique. Si ça en tente d’autres

Que dire ? Merci sans doute : ton billet synthétise (hum) ce que j’essaye de faire passer à mes clients sous le nom de marketing 2.0. J’ai déjà la preuve via de nombreux exemples que CA MARCHE. Et que - corollaire à ton propos - le sacrosaint marketing viral - couille bite cul caca neuneu - qui correspond assez bien à ta définition du “marketing d’avant”, en fait, - a ses limites :

  • limites spacio temporelles(!) : une fois que l’on verra 100 films débiles par jour, on va un peu se lasser
  • limites “intellectuelles” ensuite : tout produit, toute marque ne peut pas être réduit à une analyse en dessous de la ceinture ou du niveau de flottaison d’un cerveau normalement constitué.

Or, 100 % du “web-des-publicitaires” (le marketing viral) sombre dans la débilitation. Ca fait marrer, ça détend, ça occupe bien notre “part de cerveau disponible” (définition de la mission de TF1 par Patrick Le Lay). Full stop.

Une fois donc que l’on aura épuisé ce nouveau nirvana, qu’est ce que les publicitaires on-line vont devenir ?

Ils vont devoir comprendre tout ce que tu racontes ci-dessus + un élément : oui, la publication de contenus est vitale - indispensable - pour une mise en relation “éthique” de la marque et de son futur consommateur. Mais, en plus, que si la marque s’efface derrière ses prescripteurs, la qualité, la crédibilité, la finesse de ces contenus n’en sera que meilleure.

En discutant récemment avec un directeur marketing (si, si) - qui vit en Californie ! nous en sommes arrivé à la conclusion que la phase ultime du Marketing 2.0 - ou néomarketing - sera le jour où sa marque acceptera de faire de son site corporate (ou son site produit peut-être) un wiki, totalement éditable et publié par ses clients et consommateurs.

Voici quelques exemples en phase avec ton discours :

  • w900 dans Google.fr : premier lien vers mon blog (je ne suis pas payé pour). Mais le trafic que cela procure est incroyable. J’imagine que cela influence beaucoup plus les ventes de ce téléphone que toute action pub on-line
  • projet décisionnel” dans Google France : 3° ou 4° lien : www.decisio.info. Un magazine on-line que je publie depuis plus de trois ans pour le compte de SAS (éditeur de logiciels de décisionnel). Plutôt que de répéter à longueurs de messages publicitaires à destination des cadres sup que SAS est la meilleure solution décisionnelle au monde, nous publions donc un magazine qui analyse la prise de décision, chez les joueurs de poker, les négociateurs du RAID, les chefs de tribu, … ou en entreprise (quand-même). Résultat des courses, un premier contact “non commercial (marketing ?)” entre la marque et le consommateur. Si celui-ci se sent en phase avec notre discours, il entame ensuite un parcours plus classique (je me rends sur le site de SAS).

Ton analyse est donc déjà mise en oeuvre par de très rares acteurs (en toute honnêteté, je n’en connais pas beaucoup d’autres que nous - et hop, un coup de pub). Et ce qui est formidable c’est que CA MARCHE. Aujourd’hui, plus de 50% du trafic de decisio.info provient de Google. Et lorsque nous avons édité un bouquin des 3 premières années de contenus, cela a aidé les commerciaux de SAS à obtenir des RV commerciaux.

Comme quoi, même du 100% technique, BtoB, peut-être analysé et traité avec un nouveau regard marketing.

Voilà ma réaction du matin.

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