L’émission Nouvo, sur la Télévision Suisse Romande (TSR), a diffusé un reportage d’Emmanuelle Jaquet sur les blogs et les marques dans lequel votre serviteur délivre la bonne parole (Real Media, bas débit, haut débit).
L’émission revient sur l’affaire du terrible “Journal de ma peau” de Vichy. On y trouve une interview d’un gus du marketing de Vichy qui confirme que leur démarche, lors du premier “Journal de ma peau” était celle d’un publi-rédactionnel, exactement ce qu’il ne faut pas faire quoi. Sophie Kune qui a sorti Vichy de son mauvais pas et s’est lancée dans le soutien de la marque Celio via son blog vousleshommes.blogs.com est également interviewée. J’ai rencontré Sophie plusieurs fois depuis l’”affaire Vichy”. En dehors d’être tout à fait sympathique et charmante, Sophie a vraiment compris les ressorts du web marketing. C’est assez rare pour être souligné avec deux traits rouges clignotants.
Le reportage donne également la parole au directeur de la communication de Nokia France et au directeur d’une société de veille concurrentielle, autre versant de ce que les blogs peuvent faire en ligne.
Comme toujours à la télé, c’est très court. Mais le site de l’émission propose aussi un extrait de l’interview qui n’a pas été repris dans le reportage et qui donne une idée de la façon dont elle s’est déroulée (real media en bas débit, haut débit).
J’ai l’occasion d’y dire une fois de plus que le web, c’est d’abord des contenus en vue de rendre un service et non un message qu’on pousse en vue de convaincre ou d’influencer. Il faut donc répondre aux attentes des internautes et ne pas chercher à pousser ses messages.
Chose assez amusante, Emmanuelle me demande en rigolant “mais, à part ça, vous êtes qui, vous, pour dire ça” et je réponds naïvement “je suis un internaute”. C’est mignon, hein ? J’aurais dû ajouter “et en plus, je n’ai rien à vendre”. Façon de dire: “si vous demandez à une agence de communication, ils risquent de vous dire bien autre chose…”.
Dans l’extrait d’interview qui apparaît dans le reportage lui-même, je rappelle que si les marques doivent exister en ligne, elles doivent d’abord comprendre les règles de fonctionnement de ce média. C’est un vrai problème de culture pour les chefs de produit.
En fait, Emmanuelle Jacquet m’a contacté quelques temps avant après avoir lu mes billets sur le web marketing et nous avions discuté au téléphone.
Le jour où nous nous sommes rencontrés, nous avons discuté un peu en marge de l’interview. Je voulais notamment mieux connaître le format du reportage et ce qu’elle attendait de moi. On parle du web, des blogs, de Vichy, etc. A un moment, dans la discussion, je lui dis que le problème, avec les interviews télé, c’est que généralement on parle pendant 2 heures et le journaliste ne prend que les 20 secondes qui sont complètement à côté de la plaque. Tout le problème de l’interviewé, c’est de savoir si le journaliste a bien compris le sujet… Si ce n’est pas le cas, il n’a aucun moyen d’infléchir les choses une fois l’interview réalisée.
Ceci étant, comme on parlait de blogs en même temps, j’ai aussi dit que, désormais, le blogueur interviewé retrouve une sorte de contrôle sur l’interview. Il peut raconter son interview à la terre entière avant même que le reportage ne soit diffusé: comment ça s’est passé, ce qu’il pense du journaliste, les non-dits, tous les biais possibles, tout peut être mis sur la place publique.
Et si, après la diffusion, il n’est pas content, l’interviewé peut flambler le journaliste assez facilement sur son site. Bref, le journaliste n’a plus le monopole de l’information. S’il déconne dans son studio de montage, il se fait cramer. Il est sous le contrôle a priori et a posteriori de ceux qu’il interview. Mieux, si l’interviewé mécontent raconte ses malheurs sur son blog en citant le nom du journaliste, quiconque tapera le nom du journaliste dans Google retrouvera cette histoire. Autant dire que ça ne sera pas facile d’interviewer un autre blogueur ultérieurement…



Avec le web, l’intervieweur peut se retrouver de l’autre côté du miroir !
Avant, le journaliste était un manipulateur de miroirs. Il renvoyait à la société une certaine image d’elle-même. Aujourd’hui, le journaliste reste un manipulateur de miroirs mais, parfois, quand il renvoie l’image de quelqu’un qui manipule lui aussi des miroirs, tout le monde peut voir l’envers du décor. Et, de plus en plus d’entre-nous manipulent désormais des miroirs. Ca change la donne.
Bref, après cet apparté philosophique, il faut préciser que non seulement l’interview s’est bien passée, mais qu’Emmanuelle Jaquet avait très bien compris le sujet, a choisi de bons passages et a fait un bon petit reportage. Et en plus, dans la bonne humeur, ce qui ne gâte rien !

Un commentaire
Comme toujours très intéressant et instructif!
Je me permettrai de vous contacter d\’ici quelques mois pour vous interviewer pour notre nouveau blog, qui se veut être dans le même sillage que le vôtre. Je me suis permise de vous ajouter un lien utile … copywriting.over-blog.com
D\’ici là, n\’hésitez bien sûr pas à y donner vos commentaires.
Notre objectif de copywriter pub/web et journaliste web d\’entreprise est de formaliser et de confronter nos savoir-faire pour ouvrir et former les copywriters pub classiques à la philosophie de la communication sur le web, et justement à comment les marques et les entreprises en général devraient s\’y exprimer. Tout un programme!
Bonne continuation à votre \”museau\”