Le dernier buzz tendance en ce moment chez les geeky, c’est Web 2.0. Ca fait un petit moment que je lis ce qui se raconte sur ce nouveau concept. Beaucoup de gens s’expriment et c’est bien. Il y a les adorateurs, ceux qui dénoncent à l’avance un possible retour de la bulle spéculative, ceux qui n’y comprennent rien, etc. Lisez donc les articles de Fred Cavazza à ce sujet, en particulier les commentaires des internautes et notamment sur ce billet-là.
Pour vous éviter le parcours du combattant qui veut comprendre de quoi il en retourne, il faut commencer par lire “What is web 2.0” par Tim O’Reilly qui est l’un de ceux qui ont défriché le concept. Je sais, c’est en Anglais. Mais c’est vraiment l’article le plus intéressant, le plus complet et le plus utile écrit sur le sujet.
A la lecture de cet article, une chose me frappe: pour le moment, le concept attire essentiellement les technophiles. Pas ceux qui sont concernés au premier chef, c’est-à-dire ceux qui gèrent et développent au quotidien des bases de données de référence. Je pense notamment aux bases de données liées aux programmes audiovisuels, aux catalogues de bibliothèques, aux immenses bases de données juridiques, aux documentations techniques de produits, voire même aux catalogues de supermachés, etc.
Ils devraient pourtant s’interroger sur le succès renconté par Google (y compris Google map), par Amazon, par Flickr, par e-bay, par Wikipedia, etc. qui tous exploitent des bases de données enrichies grâce aux utilisateurs et sont devenus des monopoles de fait dans leur domaine en rendant un service encore plus pointu aux utilisateurs.
Le concept de Web 2.0, au delà de l’effet de techno-mode, permet de comprendre comment valoriser un patrimoine informationnel en recourant à l’intelligence collective des utilisateurs et à des technologies de partage et d’enrichissement de l’information.
D’après Tim O’Reilly, le Web 2.0 implique notamment les caractéristiques suivantes (je résume, l’article est beaucoup plus riche que ça):
- Le Web en tant que plate-forme : c’est l’ère des applications purement Internet: Flickr, Amazon, Google, BitTorrent, etc.
- L’exploitation de l’intelligence collective : grâce aux liens hypertextes, aux contributions des internautes, aux blogs, à RSS… le web 2.0 constitue une architecture de la participation (sous-entendu: des internautes) et s’appuie sur elle.
- Les données sont le nouveau “Intel inside” : les applications web 2.0 reposent sur des bases de données gigantesques (Google, Google maps, Amazon, E-bay, Wikipedia, etc.) enrichies par les internautes
- La fin du cycle des nouvelles versions de logiciels ou software release cycle: les applications résident côté serveur donc les nouvelles versions n’impliquent aucune mises à jour du poste client. Il peut y en avoir plusieurs dans une même journée ! Corollaires: les utilisateurs doivent être traités comme des co-développeurs
- Les modèles de programmation légers sont privilégiés: plus la programmation est simplifiée, plus le nombre de hackers qui vont exploiter les ressources de ces applications sur leur propre site va être grand.
- Le logiciel n’est pas prévu pour fonctionner sur un seul dispositif (device)
- L’expérience de l’utilisateur est enrichie: grâce à AJAX et autres technologies, la fenêtre du navigateur permet des manipulations aussi ergonomiques que l’interface graphique du système d’exploitation.
Il ne faut probablement pas voir ce concept comme autre chose qu’une tentative de donner un sens à des évolutions technologiques, sociologiques et économiques qui se déploient en parallèle sans forcément être coordonnées au départ. En cela, le concept Web 2.0 est très utile pour mieux penser l’avenir du web, comprendre les tendances et donc faire avancer le Schmilblick.
S’il s’agit par contre de nous packager des technologies avec un beau ruban tout neuf pour susciter un de ces frétillements économiques dont les sociétés de services informatiques sont friandes, certaines douloureuses séquelles et certains souvenirs amers plombent l’ambiance.
Je vous invite donc à lire l’article de Tim O’Reilley et à vous faire votre propre avis.
6 commentaires
hum ouè…
de quoi en faire réfléchir certains !
merci encore et @++
Enfin une analyse intéressante sur le phénomène web 2.0. Je pense qu’en effet pour comprendre cette tendance il faut remonter à la source c’est à dire Tim O’Reilly et ses compères.
Je pense aussi qu’au delà des technologies, on assiste à une sorte de révolution sociale numérique. Cependant il faut avouer que les technos et les services web ont de quoi passionner les foules par l’expérience web qu’elle propose. Je viens d’ouvrir un blog spécialisé sur le thème afin de partager le meilleur de mon expérience sur le sujet.
L’analyse qui est faite ici est très juste : enfin quelqu’un qui a lu et compris Tim O’Reilly ! Comme c’est un vrai manque d’après moi dans la communauté française, j’ai entrepris de traduire son article sur : web2rules.blogspot.com/
J’en publie un petit bout chaque jour au fur à mesure de la traduction… donc ça devrait être complet d’ici peu de temps.
Web 2.0 : l’article de Tim O’Reilly en Français
Si vous essayez de comprendre quelque chose à Web 2.0, je vous disais il y a quelques temps qu’il fallait lire l’article de Tim O’Reilly “What is Web 2.0″ qui, l’un était malheureusement en Anglais. Et bien figurez-vous qu’il existe maintenant en…
Exemples d’applications Web 2.0
Une liste d’applications Web 2.0 populaires, ça vous dit ? Si ça vous intéresse, il y a aussi papier de Tim O’Reilly, sa traduction en Français par JB Boisseau, ce que j’en dis, ce que Fred Cavazza raconte….
Bonjour,
Personnellement j’ai beaucoup aimé la phrase précisant qu’il ne faut pas voir dans ce concept comme une tentative d’analyse globale du concept.
Cela me fait immanquablement penser à la bulle : des concepts flous et beaucoup de polish par des gens qui aiment parler.
Au final ce n’est certainement pas inutile comme fonds de réflexion : cela constitue un brouahah de fonds plus ou moins formalisé sur la base de réussites matérielles existantes. Cela peut en inspirer certains pour aboutir à de nouvelles entreprises qui seront rachetées par Google ou Microsoft quoi …
Hype et Buzz mes amours …
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